Les auxiliaires de culture régulent les ravageurs et soutiennent les sols

Les auxiliaires de culture sont des organismes vivants qui rendent des services utiles à la production agricole. Ils limitent certains ravageurs, participent à la pollinisation et contribuent au fonctionnement des sols. Leur présence ne dépend pas d’une seule coccinelle ou d’une abeille, mais d’un ensemble d’habitats, de ressources alimentaires et de pratiques permettant à ces alliés d’agir durablement.
Auxiliaires de culture : une définition plus large que les ennemis naturels
Au sens large, les auxiliaires de culture regroupent les organismes qui facilitent la production grâce aux services écosystémiques qu’ils fournissent. Ils peuvent agir au-dessus du sol, dans le feuillage, au niveau des fleurs ou dans la rhizosphère, la zone située autour des racines. Leur action concerne la régulation des bioagresseurs, la fécondation des plantes et la fertilité des sols.
Testez vos connaissances sur les auxiliaires de culture
Répondez aux 6 questions, puis validez pour découvrir votre score et les corrections.
Au sens plus restreint, l’expression désigne les ennemis naturels des ravageurs. Il s’agit de prédateurs, de parasitoïdes et de certains microorganismes capables de freiner le développement des pucerons, chenilles, limaces ou autres organismes nuisibles. Les pollinisateurs, les décomposeurs et les microorganismes symbiotiques restent toutefois des auxiliaires au sens agroécologique, car ils soutiennent directement la culture.
Prédateur et parasitoïde : deux modes d’action différents
Un prédateur capture et consomme plusieurs proies au cours de sa vie. Les coccinelles, les chrysopes, les syrphes au stade larvaire, les carabes et les araignées appartiennent à cette catégorie. Un parasitoïde, souvent un petit hyménoptère, pond sur ou dans un hôte. Sa larve s’y développe et entraîne finalement sa mort. Cette distinction aide à comprendre leur action : les prédateurs sont souvent visibles et généralistes, tandis que les parasitoïdes sont plus discrets et parfois étroitement liés à un type d’hôte.
Quels organismes rendent service dans les parcelles ?
Les auxiliaires ne forment pas un groupe unique. Les reconnaître selon leur fonction permet d’éviter les confusions et d’adapter les aménagements de la parcelle.
| Groupe | Exemples | Rôle principal | Milieux favorables |
|---|---|---|---|
| Prédateurs | Coccinelles, carabes, chrysopes, syrphes, araignées | Consommation de ravageurs | Bandes enherbées, haies, sol peu perturbé |
| Parasitoïdes | Hyménoptères parasitoïdes | Développement aux dépens d’un hôte ravageur | Fleurs accessibles, refuges et diversité végétale |
| Pollinisateurs | Abeilles et autres insectes floricoles | Fécondation des plantes | Ressources en nectar et pollen sur la durée |
| Organismes du sol | Mycorhizes, rhizobiums, décomposeurs | Nutrition végétale et cycle de la matière organique | Sol vivant et gestion adaptée |
| Vertébrés utiles | Oiseaux insectivores, chauves-souris, amphibiens | Prédation de certains insectes et invertébrés | Haies, lisières, points d’eau, abris |
Les auxiliaires du sol, moins visibles mais décisifs
La fertilité ne dépend pas uniquement des apports d’engrais. Les mycorhizes vivent en association avec les racines et améliorent l’accès de la plante à certains nutriments. Les rhizobiums, associés aux légumineuses, participent à la fixation biologique de l’azote atmosphérique. Les décomposeurs transforment la matière organique et alimentent les cycles du sol. Une gestion qui préserve sa structure, ses couverts et sa biodiversité soutient donc aussi les cultures sous la surface.
De la régulation des ravageurs à la pollinisation : des fonctions complémentaires
Le contrôle biologique ne vise pas l’élimination de tous les ravageurs. L’objectif consiste à maintenir leurs populations sous un niveau susceptible de causer des dégâts importants. Dans une parcelle diversifiée, plusieurs auxiliaires peuvent intervenir à des moments différents : les carabes explorent le sol, les larves de syrphes consomment des pucerons dans le couvert végétal et les parasitoïdes recherchent leurs hôtes dans le feuillage.
La pollinisation complète cette régulation. En transportant le pollen, les insectes pollinisateurs favorisent la fécondation de nombreuses plantes cultivées. Les ressources florales ne servent pas uniquement aux pollinisateurs : les parasitoïdes adultes ont aussi besoin de nectar ou de pollen accessible pour soutenir leur activité. Une floraison courte et isolée n’offre pas les mêmes ressources qu’une mosaïque de végétaux fleurissant à différents moments.
Une haie ancienne, une bordure herbacée, un fossé végétalisé ou des arbres isolés peuvent fournir des abris, des sites d’hivernage et des corridors. Avec le temps, ces éléments développent des cavités, une litière et des zones fraîches utiles à différents organismes. Les conserver peut être plus efficace que de recréer rapidement un refuge uniforme au milieu d’une parcelle devenue trop nue.
Favoriser les auxiliaires par la lutte biologique de conservation
La lutte biologique par conservation vise à rendre le milieu favorable aux auxiliaires déjà présents, plutôt qu’à compter uniquement sur l’introduction d’organismes élevés. Le principe est simple : un auxiliaire doit pouvoir se nourrir, se reproduire, se protéger et traverser les périodes défavorables. La qualité des habitats et la continuité entre les différents espaces influencent directement ces conditions.
Aménager des refuges à l’échelle de la parcelle et du paysage
- Préserver ou restaurer les haies, bocages, ripisylves et lisières.
- Installer des bandes enherbées et des bandes fleuries avec une diversité de plantes.
- Maintenir des ressources florales en nectar et en pollen au fil de la saison.
- Conserver des zones refuges peu perturbées, comme les talus, les bordures et une végétation spontanée maîtrisée.
- Mettre en place, lorsque le site s’y prête, des nichoirs, des perchoirs ou des abris.
- Raisonner le travail du sol pour ne pas détruire systématiquement les organismes qui y vivent.
Dans un projet d’agrivoltaïsme, les zones d’ombre, les espaces entre les installations et certaines bordures peuvent aussi créer des micro-habitats. Cet effet dépend toutefois des aménagements réellement mis en place, de la végétation maintenue et de la continuité avec les habitats voisins. Les panneaux ne remplacent pas, à eux seuls, une stratégie de biodiversité.
Observer avant d’intervenir
Une observation régulière permet de mettre en relation la présence des auxiliaires et celle des ravageurs. Examiner plusieurs points de la parcelle, regarder le revers des feuilles et repérer les pucerons parasités, les larves de syrphes ou les carabes au sol fournit des indications plus fiables qu’une décision fondée sur un seul symptôme. Cette surveillance aide à raisonner les traitements et à éviter une intervention qui détruirait simultanément le ravageur et ses régulateurs.
Réduire les intrants sans idéaliser les auxiliaires
Des auxiliaires abondants peuvent réduire la dépendance aux insecticides et aux molluscicides, ainsi que certains coûts liés aux pesticides. Ils participent aussi au fonctionnement des sols et à la biodiversité agricole. Leur efficacité varie toutefois selon la culture, le climat, les espèces présentes, la structure du paysage et la pression exercée par les ravageurs. Ils s’intègrent dans une stratégie de lutte intégrée, et non dans une recette universelle.
L’introduction d’auxiliaires élevés, parfois appelée augmentation, peut être envisagée dans certaines situations. Elle exige une évaluation préalable de l’organisme ciblé, du ravageur concerné, des conditions d’installation, de la compatibilité avec les pratiques et des effets possibles sur les espèces non ciblées. Introduire une espèce sans cette analyse peut provoquer des déséquilibres biologiques ou favoriser un comportement invasif.
La priorité consiste donc à construire une parcelle accueillante et reliée à son environnement. Des habitats semi-naturels, des traitements justifiés et sélectifs, une gestion attentive du sol et des observations de terrain donnent aux auxiliaires de culture les conditions nécessaires pour devenir des partenaires fiables de l’agroécologie.